Imaginaire social
"Capacité d'un groupe ou d'un individu à se représenter le monde à l'aide d'un réseau d'association d'images qui lui donnent un sens."

 
Imaginaire Libre
Réseau d'association et de convergence des initiatives qui permettent l'émancipation humaine vers la construction d'une société libérée.
 

Pourquoi Imaginaire Libre ?

L'imaginaire dont il est question ici, qu'il soit collectif ou personnel, est une notion sensiblement différente de la notion d'imagination. On parle d'imaginaire social, notion développé en grande partie par le philosophe, économiste et psychanalyste français, Cornélius Castoriadis.


L'imaginaire social prend avant tout racines dans le concret, dans ce qui compose la société. Il en est même à l'origine puisque c'est la manière de penser le monde qui en conditionne la construction (à tout les niveaux : des institutions étatiques aux actes quotidiens). La publicité commerciale est par exemple un vecteur de l'imaginaire capitaliste puisqu'elle pousse les individus à la consommation (colonne vertébrale du système productiviste capitaliste) et à la perpétuation d'un modèle basé sur l'exploitation de ressources (humaines et naturelles) au profit d'une minorité.

Le concept d'imaginaire libre s'oppose donc radicalement à l'imaginaire capitaliste et donne à penser une société de dépassement du capitalisme capable de re-fonder un ordre social basé sur la coopération, de nouveaux rapports de production et de consommation et le respect de l'environnement et de la Vie en générale. Un projet de société remarquablement développé par le philosophe et journaliste André Gorz, tout au long de sa vie.

Mais tout cela n'est-il pas un peu utopique ?

Si ! Mais on parle ici d'utopie concrète, selon le terme d'Ernst Bloch, philosophe à l'origine du Principe Espérance, cette pensée du " rêver-en-avant ", qui se développe en symbiose avec le matérialisme historique.

Toutes les expériences actuelles d'organisation de la société civile, toutes ces alternatives, sont nées et continueront à naître grâce à ce principe. N'arrêtons pas de rêver à un autre monde, et construisons-le ! Quand à la sphère politique, s'il n'est pas inutile de la reconquérir, il est peut-être vain d'attendre d'elle les principaux changements dont nous avons besoin, mais c'est un autre débat.


Les Imaginaires Sociaux

L'imaginaire est une composante essentielle des sociétés modernes. Il est présent dans les représentations sociales. Pour Castoriadis, il représente même le « ciment » de la société.

  • Edgar Morin (né en 1921)

Selon Edgar Morin, l'homo sapiens est aussi homo demens. La vie imaginaire enrichit et organise la réalité. E. Morin a mené au début de sa carrière de nombreux travaux sur les imaginaires sociaux et les phénomènes de communication. Dans Les Stars, E. Morin décortique le star system. La star (Marilyn Monroe par exemple) incarne un imaginaire ancré dans les croyances de la société moderne (une fille « ordinaire » devient alors une déesse). Elle fait l'objet d'un culte, d'une légende. E. Morin montre aussi comment la fiction permet de comprendre et d'interpréter le réel (le spectateur se met « à la place » du personnage). Dans La Rumeur d'Orléans, E. Morin met au jour, au prix d'une longue enquête de terrain, les mécanismes et leurs composantes (fantasmes, mythes, obsessions, angoisses) qui concourent à l'émergence et à la diffusion de la rumeur.

  • Cornélius Castoriadis (1922-1997)

Dans son ouvrage majeur, L'Institution imaginaire de la société, Cornélius Castoriadis cherche à montrer comment l'imaginaire social « institue » et parvient à faire « tenir ensemble » la société.

A l'origine de sa réflexion, l'interrogation suivante : comment se fait-il qu'il y ait une telle cohérence entre d'un côté l'ordre social (les règles, les représentations sociales, les religions) et de l'autre, les motivations et conduites des individus ?

Pour lui, la clé de cette énigme se trouve dans la force de l'imaginaire. La société s'érige par la création d'imaginaires sociaux, qui relient les hommes et donnent sens à leur action. La religion, les idéologies ou les utopies politiques fournissent des croyances communes qui structurent le lien social.

IMAGINAIRE LIBRE, blog d'expression altermondialiste et écologiste

Imaginaire Libre se définit comme un blog d'expression altermondialiste et écologiste. Son objet premier est de dispenser une information engagée, dans le domaine de l'économie solidaire, des alternatives concrètes qui sont autant d'outils permettant à chacun de faire un pas pour engager la sortie du capitalisme. Idées et actions concrètes se mêleront ici pour faire émerger au mieux la conscience que cette voie de société est déjà en marche et qu'il appartient à chacun de la rejoindre.

Mais nous n'oublions pas que ces prises de conscience sont encore trop marginales, qu'il est plus important de faire, de savoir faire, que d'intellectualiser les choses, et que la clé de la réussite d'un fort mouvement social et écologique dans les années à venir réside dans la déconstruction d'un imaginaire de consommateur/propriétaire, et dans la remise en question d'un conditionnement dès l'école jusque dans l'entreprise.
A chacun de faire des efforts pour s'intéresser et s'organiser. Imaginaire Libre aura donc pour but d'avoir un maximum d'impact autour de ces sujets en organisant des réunions/débats ou actions directes dans la ville de Toulouse.

Aussi longtemps que nous restons prisonniers de l'imaginaire salarial et marchand, l'anticapitalisme et la référence à une société au-delà du capitalisme resteront abstraitement utopiques. (André Gorz)

Cette citation(1) est assez bien représentative de ce blog. Nous parlons de plus en plus de la nécessité de changer de modèle, de réduire notre consommation, notre empreinte écologique. Et cela sur fond de précarité, de chômage et d'écarts de revenus indécents.
L'économie - littéralement : administration de l'habitat - étant au coeur de tous les maux de notre société, au coeur de la lutte des classes, au coeur de la machine-travail, il "suffit" d'en changer les règles pour y remédier. Démocratie dans la gouvernance de l'entreprise, relocalisation des activités, circuits courts, épargnes et finances solidaires, accès au foncier, monnaies sociales complémentaires, statuts coopératifs, bref : d'innombrables outils à disposition des citoyens pour encourager et s'approprier une économie humaine et éthique.

Le terme d'imaginaire a été choisi car il évoque un rapport direct entre la manière de penser les choses et ce qui en résulte, entre causes et conséquences. Il permet de prendre le recul nécessaire pour comprendre pourquoi on en est là. Il permet d'identifier et de préciser les causes des maux de société actuels. Enfin, c'est aussi un terme qui évoque l'idée de globalité, et en l'occurence de réseau entre des élements divers qui forment un ensemble cohérent s'ils sont pensés ensemble. C'est l'idée que ces initiatives alternatives parfois marginales peuvent faire société si elles sont rassemblées comme projet de société.

Patrick Viveret, économiste et initiateur de la monnaie SOL en France, parle également d'imaginaire positif, celui de la sobriété heureuse, du bien-vivre, qui va à l'encontre de l'économisme dominant : imaginaire de l'avoir, compensation du mal-être par la consommation, consolation par la publicité. « Mais ce registre est bouché : la consommation devient écologiquement insupportable. Alors, les logiques dominantes remplacent peu à peu le registre compensateur-consolateur par un registre autoritaire. Être plus heureux en ayant moins, certes. Mais surtout en rêvant autrement. »

(1) "Ecologica", La sortie du capitalisme a déjà commencé.

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