Imaginaire Libre se définit comme un blog d'expression altermondialiste et écologiste. Son objet premier est de dispenser une information engagée, dans le domaine de l'économie solidaire, des alternatives concrètes qui sont autant d'outils permettant à chacun de faire un pas pour engager la sortie du capitalisme. Idées et actions concrètes se mêleront ici pour faire émerger au mieux la conscience que cette voie de société est déjà en marche et qu'il appartient à chacun de la rejoindre.
Mais nous n'oublions pas que ces prises de conscience sont encore trop marginales, qu'il est plus important de faire, de savoir faire, que d'intellectualiser les choses, et que la clé de la réussite d'un fort mouvement social et écologique dans les années à venir réside dans la déconstruction d'un imaginaire de consommateur/propriétaire, et dans la remise en question d'un conditionnement dès l'école jusque dans l'entreprise.
A chacun de faire des efforts pour s'intéresser et s'organiser. Imaginaire Libre aura donc pour but d'avoir un maximum d'impact autour de ces sujets en organisant des réunions/débats ou actions directes dans la ville de Toulouse.
Aussi longtemps que nous restons prisonniers de l'imaginaire salarial et marchand, l'anticapitalisme et la référence à une société au-delà du capitalisme resteront abstraitement utopiques. (André Gorz)
Cette citation(1) est assez bien représentative de ce blog. Nous parlons de plus en plus de la nécessité de changer de modèle, de réduire notre consommation, notre empreinte écologique. Et cela sur fond de précarité, de chômage et d'écarts de revenus indécents.
L'économie - littéralement : administration de l'habitat - étant au coeur de tous les maux de notre société, au coeur de la lutte des classes, au coeur de la machine-travail, il "suffit" d'en changer les règles pour y remédier. Démocratie dans la gouvernance de l'entreprise, relocalisation des activités, circuits courts, épargnes et finances solidaires, accès au foncier, monnaies sociales complémentaires, statuts coopératifs, bref : d'innombrables outils à disposition des citoyens pour encourager et s'approprier une économie humaine et éthique.
Le terme d'imaginaire a été choisi car il évoque un rapport direct entre la manière de penser les choses et ce qui en résulte, entre causes et conséquences. Il permet de prendre le recul nécessaire pour comprendre pourquoi on en est là. Il permet d'identifier et de préciser les causes des maux de société actuels. Enfin, c'est aussi un terme qui évoque l'idée de globalité, et en l'occurence de réseau entre des élements divers qui forment un ensemble cohérent s'ils sont pensés ensemble. C'est l'idée que ces initiatives alternatives parfois marginales peuvent faire société si elles sont rassemblées comme projet de société.
Patrick Viveret, économiste et initiateur de la monnaie SOL en France, parle également d'imaginaire positif, celui de la sobriété heureuse, du bien-vivre, qui va à l'encontre de l'économisme dominant : imaginaire de l'avoir, compensation du mal-être par la consommation, consolation par la publicité. « Mais ce registre est bouché : la consommation devient écologiquement insupportable. Alors, les logiques dominantes remplacent peu à peu le registre compensateur-consolateur par un registre autoritaire. Être plus heureux en ayant moins, certes. Mais surtout en rêvant autrement. »
(1) "Ecologica", La sortie du capitalisme a déjà commencé.